Deux pays, une même terre : détruire les ghettos, par Leila Salem.
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4288
Bonjour Leila,
Globalement je trouve votre article très pertinent et correspond le mieux à mon état d’esprit et aux conclusions de mes réflexions à la suite des derniers événements qui se passent dans le monde.
Des articles comme le votre j’aimerais en lire plus souvent. Comme l’excellent livre de Amin Malouf que vous citez à juste titre (Les Identités Meurtrières, dans lequel il a consacré quelques lignes à l’Algérie en pleine guerre mais d’une justesse incroyable).
Je suis bien d’accord avec vous sur les descriptions des qualités respectives de chacun des deux pays, à savoir l’Algérie dans ta splendeur et la France universelle.
Et puis les problèmes qui apparaissent, à mon avis dés la première guerre du Golfe avec un petit summum avec l’affaire des caricatures danoises. (J’ai lu votre article que vous citez, je suis entièrement d’accord avec vous).
Le problème que vous posez est malheureusement universel et un étranger qui s’installerait aujourd’hui en Algérie ne sera pas plus heureux que vous en France.
Comme vous le savez, vivre en Algérie n’est pas plus facile, (ceci est un doux euphémisme, mais j’aime bien).
Sauf que vous avez la chance d’avoir une double culture (arabe et française) ce qui est pour moi une richesse formidable, alors la soi-disant « pureté », on peut la laisser aux faibles d’esprit.
Pourtant j’émets quelques réserves à propos de votre article :
• La photo d’une main décorée au henné, très belle au demeurant, est, à mon avis, bien inutile. Elle n’a rien à voir avec le contexte ou alors le rabaisse à un coté exotique. Pour moi, souvent, l’exotisme n’est pas loin du racisme.
• Vous n’êtes pas obligée de donner les circonstances qui ont fait que maintenant vous habitez en France et que nous ne pouvez pas (ou plus) revenir en Algérie. On s’installe là où nous mène notre vie ou notre choix, cela ne regarde que l’intéressé ou ses proches.
• Vous n’êtes obligée de divulguer vos diplômes, cela n’a rien à voir, il y a un côté justification que je n’ai pas aimé.
• Enfin, j’ai gardé le meilleur pour la fin, attendre quelque chose de la part de la gauche, cela me parait au minimum naïf pour ne pas dire suicidaire. En tant qu’algérien, vivant en Algérie, j’observe que depuis 1954 la gauche a trahi tous les idéaux universels, notamment vis-à-vis de l’Algérie. Ce qui ne veut pas dire que la droite a fait mieux, loin de là.
C’était quelques points que je voulais partager en toute sérénité avec vous. J’espère avoir le plaisir de vous lire.
Ahmed
Bonjour Ahmed,
Un ami m’a fait la même remarque que vous, pourquoi avoir étaler mes diplômes et justifier mon choix de vivre en France ?
Si j’ai obtenu de tels diplôme c’est bien sûr grâce à mes efforts et mon amour pour le savoir et la connaissance mais aussi grâce à l’Algérie et à ma mère. C’est l’Algérie qui a financé toutes mes études ici en France dans le but de revenir au pays et l’aider à se construire. Au lieu de cela, j’ai tourné le dos à ce pays dans des moments durs où il avait le plus besoin de moi. Si j’ai obtenu de tels diplômes c’est aussi grâce aux sacrifices de ma mère, une femme qui a été privée d’études dans une société traditionnelle et qui a voulu réalisé ses rêves à travers sa fille. Ma mère est âgée, certes elle n’est pas seule et elle est très entourée, mais j’aurai aimé être à ses côtés pour lui préparer son café et son pain comme elle le faisait pour moi lorsque j’étais lycéenne.
J’observe de loin mon pays d’origine et ma mère et je partage leurs pleurs et leurs rires. Mais est-ce suffisant ? D’où une souffrance et un sentiment de culpabilité qui, je pense ne me quitteront jamais.
Quand à la main, j’avoue que j’aime le henné et les tenues traditionnelles mais je trouve que le jean est une tenue pratique qui convient bien à la femme moderne.
Si vous regardez bien la photo vous verrez que la personne porte un jean blanc.
J’ai juste essayé de montrer qu’on peut concilier tradition et modernité.
Amicalement
leila
Bonjour Leila, Votre réponse me laisse sur ma faim et j’ai toujours l’impression qu’à chaque fois que vous vouliez écrire un article ou donner une opinion il faut passer par un chemin bien « balisé » ou « pré requis » ou « sentiers battus » tels que : « j’aime l’Algérie », « j’aime ma mère », « je suis reconnaissant à mon pays », « je souffre et je suis coupable d’être loin », « j’aime la tradition mais je suis moderne », etc... J’ai toujours l’impression que le débat est faussé. Je comprends que, dans un élan de générosité, on veuille tout donner de ses meilleurs sentiments et dire tout à la fois mais la réponse à toutes ces attaques en règle contre l’autre quel qu’il soit ne peut être qu’une condamnation basée sur des arguments universels et civilisationnels et vous l’avez bien illustré par une position anti-oppresseurs quels qu’ils soient. Bien évidemment je n’ai rien contre le henné, je n’ai rien contre le jean, je n’ai rien contre l’Algérie et bien sûr je n’ai rien contre ma mère mais mes positions anti-racistes ou anti-ghetto n’ont absolument rien à voir. Un dernier point je ne vois au nom de quoi vous seriez coupable d’être loin du pays natal. Le fait d’en parler et de l’assumer suffit largement. Bien amicalement, Ahmed

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